Nous avons eu le plaisir d’échanger avec Fahd Moumni, ancien étudiant de l’EEIGM, aujourd’hui Specially Appointed Assistant Professor à Kyutech, au Japon. Il nous partage son parcours, ses ambitions et ses réflexions sur le domaine aérospatial.

Quels projets souhaitez-vous développer en tant que maître de conférences à Kyutech ?
“Je souhaite développer des projets innovants dans le domaine des CubeSats*, en mettant l’accent sur l’éducation et la recherche appliquée. Mon objectif est d’encourager les étudiants à acquérir une expertise pratique en ingénierie spatiale tout en participant à des missions réelles. Par exemple, je souhaite intégrer l’intelligence artificielle dans les systèmes embarqués pour améliorer l’autonomie et les performances des CubeSats, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités pour des missions plus complexes.”

Quels sont vos objectifs à court et long termes dans cette nouvelle fonction ?
“À court terme, mon objectif est de contribuer activement à l’encadrement des étudiants sur des projets pratiques liés aux CubeSats et aux systèmes spatiaux. Je souhaite également développer des initiatives pour améliorer les méthodes d’enseignement en intégrant des outils numériques et des approches interdisciplinaires.
À long terme, je vise à concevoir des technologies innovantes pour des missions spatiales ambitieuses, en exploitant des approches comme l’IA et l’exploration en collaboration internationale. Je souhaite également positionner Kyutech comme un centre d’excellence mondial dans la formation et la recherche spatiale, en attirant des talents divers et en promouvant des projets qui répondent aux enjeux de durabilité et d’exploration avancée.”
En quoi votre formation à l’EEIGM a-t-elle influencé ou soutenu votre carrière au Japon ?
“Ma formation à l’EEIGM a joué un rôle clé en m’offrant une base solide en génie des matériaux et une ouverture internationale essentielle pour m’intégrer au Japon. Grâce à l’apprentissage approfondi des propriétés et des applications des matériaux, j’ai pu développer des compétences techniques directement applicables aux projets aérospatiaux, notamment dans les domaines des matériaux avancés et des composites.
De plus, le double diplôme offert par l’école m’a donné l’opportunité unique de découvrir Kyutech, un environnement académique à la pointe des technologies spatiales, et de m’y projeter pour construire ma carrière.”

Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre l’EEIGM pour vos études ?
“J’ai choisi l’EEIGM avant tout pour sa combinaison unique d’ingénierie et d’apprentissage des langues, un atout qui m’a permis de maîtriser plusieurs langues étrangères tout en poursuivant des études techniques. La possibilité de participer à des échanges internationaux et d’étudier dans des universités partenaires était également très attrayante, me permettant de voyager et de m’immerger dans d’autres cultures tout en progressant dans mon parcours académique.”
Que vous a apporté cette aventure japonaise sur le plan personnel et professionnel ?
“Sur le plan personnel, vivre au Japon m’a permis d’ajouter le japonais à mon répertoire linguistique, tout en perfectionnant ma maîtrise de la communication non verbale, essentielle dans une société où l’implicite est souvent privilégié. Cette immersion m’a également appris à mieux partager et expliquer ma culture, un exercice indispensable dans un environnement où elle est peu connue.
Sur le plan professionnel, j’ai acquis une expertise solide en ingénierie des systèmes CubeSat, couvrant tout le cycle de vie d’un satellite, de l’idée initiale aux opérations en orbite. J’ai également développé des compétences en création d’entreprise, notamment à travers la fondation de MicroOrbiter Inc., où j’ai conçu le plan stratégique et managé des projets internationaux.”

Quels sont, selon vous, les principaux défis actuels dans le domaine de l’aérospatial ?
“Le domaine de l’aérospatial est confronté à plusieurs défis majeurs. Tout d’abord, le manque de ressources humaines qualifiées représente un frein à l’innovation et à la croissance, alors que les besoins en ingénieurs spécialisés augmentent. Ensuite, avec l’essor de la production de masse de CubeSats et autres satellites, la gestion des débris spatiaux devient critique, amplifiant les risques de collisions et compromettant la durabilité des activités spatiales.”

Un dernier mot ?
“Je tiens à exprimer ma profonde gratitude envers l’EEIGM ainsi que tous ses professeurs et le personnel pour tous les efforts déployés afin de nous offrir une plateforme d’acquisition de connaissances exceptionnelle, nous permettant d’aller bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer. J’espère que mon expérience pourra inspirer de plus en plus de personnes à venir au Japon grâce à ce partenariat, et à découvrir tout ce que ce pays a à offrir.”
*Cubesats :
Un CubeSat est un satellite miniature en forme de cube, composé d’une ou plusieurs unités (1 unité = 10 × 10 × 10 cm). Il embarque deux types de systèmes :
Le bus, qui regroupe les éléments essentiels au bon fonctionnement du satellite (alimentation, communication, contrôle, etc.).
La charge utile, qui correspond à la mission spécifique du satellite, comme la capture d’images, la transmission de signaux ou la collecte de données environnementales spatiales.
Les CubeSats sont largement utilisés comme plateformes éducatives et expérimentales, permettant d’acquérir des compétences en ingénierie des systèmes spatiaux. Ils offrent une alternative plus abordable et moins gourmande en énergie par rapport aux satellites traditionnels.